Live report : Death Holy Death Tour 2011 - Shining & Watain
Savigny le Temple - Samedi 05 mars 2011 - 20 h
-Death, Holy Death-![]()
Tout d'abord, le temps que le public arrive, une demi-heure (seulement) des français d'Aosoth, qui jouent un blackoïde assez classique. Ils sont hirsutes et biens dans leur rôle, même si ne connaissant pas ce groupe (huhuhu, néophyte) je ne peux pas aprécier leur performance à sa juste valeur.
Ils quittent la scène. Le drapeau du premier groupe est installé.
Et c'est Shining.
Kvarforth, légèrement plus bedonnant qu'à l'époque bénie de Halmstad, n'en garde pas moins un charisme effrayant. Sur scène, il fume, boit, crache sur son public, éteind ses mégots sur son torse. Sa voix est envoutante, plus belle encore que sur les albums : il assure toutes les parties, du chant clair aux hurlements en passant par les plaintes déchirantes et les basses façon chant tibétain.
Il chante les yeux fermés. Cependant, lorsqu'il les ouvre, le personnage qu'il joue, le dégoutant, le crade, le je-m'en-foutiste, celui-ci disparaît. Tu croises son regard et tu commences alors à douter du but de ton existence. Pour avoir plongé mes yeux dans les siens pendant une demi-seconde lors de la fin du break de Claws of Perdition, je peux affirmer que Niklas est totalement inhumain. Tel une lame de glace, miroir de tristesse infinie, si jeune et pourtant millénaire, son regard a la profondeur des abîmes et contient l'essence même du déséspoir et de l'autodestruction.
Tracklist : (pas dans l'ordre)
-Claws of Perdition
-Ohm
-Yttligare Ett Steg Närmare Total Jävla Utfrysning
-Längtar Bort Från Mitt Hjärta
-Låt Oss Ta Allt Från Varandra
-Submit to Self-Destruction
...Et beaucoup d'autres, vu qu'ils ont tenu à plus d'une heure. Magnifique. Il ne manquait que Neka Morgondagen.
Et ensuite?
Ensuite, une demi-heure d'installation de décor pour les showmens de la soirée, toujours des suédois, mais cette fois ci plus portés sur le satanisme pur et dur que sur la mort et l'autodestruction...
Une rumeur dit que ce qui frappe le plus, lors d'un concert de Watain, c'est l'odeur. Eh bien c'est tout ce qu'il y a de plus vrai. Effectivement, douze têtes de moutons (moutons or not moutons?) écorchées, bouches ouvertes selon un angles improbables, étaient empalées sur scène à divers endroits stratégiques. Une fille est allée gerber dans les toilettes tellement ça puait.
Le crew allume des dizaines de bougies, prépare l'autel du chanteur, empale les têtes, dispose les chaînes, pics, cadavres, coupes...
Enfin le groupe arrive. Pour avoir été au premier rang, je vous assure qu'ils puent encore plus que leur décor. Je recule et vais me placer aux alentours du troisième rang, là où naissent les pogos : car si shining n'invite pas à un mouvement excessif, Watain, lui, ne s'en prive pas.
Le chanteur est petit, énérgique, maigre : une vrai pelotte de nerf à vif. La folie brille dans son regard lorsqu'il débute, après quelques notes, sur Malfeitor, un titre de leur dernier album Lawless Darkness doté d'un solo magnifique et de riffs tout ce qu'il y a de plus respectables. Ils enchaînent ensuite les "tubes" qu'on aurait pu croire injouables sur scène tels "Waters of Ain" et "Stellarvore" sur laquelle le public se déchaîne et hurle le refrain à s'en faire exploser les cordes vocales, soutenu visuellement par les lances-flammes qui s'allument sur scène en rythme, histoire de soutenir les blasts.
Nous avons droit à la désormais traditionnelle douche de sang, et je me fait magnifiquement arroser, et pourrir mon t-shirt x)
Il y a un rappel, et Watain finit son show sur "Satan's Hungers" et les cris d'un public envouté.
Tracklist : (pas dans l'ordre non plus)
-I am the Earth
-Malfeitor
-Total Funeral
-Waters of Ain
-Storm of the Antichrist
-Satan's Hungers
-Stellarvore
-Reaping Death
C'est le genre de concert qui te donne envie de t'enfoncer des lames jusqu'à l'os en priant Satan.
Bon, très très bon.
...Vous voyez la différence entre les deux, vous? Moi pas tant que ça.

